Il s’agit d’un marché impressionnant construit au XIVe siècle, à l’époque de l’émir mamelouk Tankiz. Il borde la porte des marchands de coton, Bab El Qattanin, une porte qui mène au mont du Temple et qui est la plus proche du Dôme du Rocher. La porte fut construite dans un style mamelouk typique : l’ablaq, une combinaison de pierres rouges et jaunes, ou noires et blanches, surmontée d’un décor en muqarnas.
Il n’y a aujourd’hui plus de marchands de coton sur ce site, mais la porte et le marché gardent le souvenir du commerce d’autrefois. Le marché compte environ 50 boutiques, et son ensemble comprend également le khan, une auberge, deux magnifiques hammams et des pièces d’habitation. Les touristes qui visitèrent le marché furent impressionnés par sa beauté et en laissèrent des descriptions. Le rabbin Moshe Baula, qui visita la ville au XVIe siècle, écrivit : « il y a un autre marché, le plus beau de tous, avec des boutiques de coton, près d’une porte qui mène au Temple ».
Dans la partie occidentale du marché, on peut voir une ouverture grillagée menant à un hall d’entrée. Il s’agit du Khan Tankiz, qui abrite aujourd’hui le Centre d’études de Jérusalem de l’université Al-Qods. Un calice est sculpté sur le linteau, symbole de l’émir mamelouk Tankiz. Du côté ouest du khan se trouve un impressionnant hammam mamelouk, appelé Hammam El Ein, qui signifie en arabe « le bain de la source ». L’eau du hammam provenait des bassins de Salomon, acheminée par un aqueduc datant de l’époque du Second Temple et rénové à l’époque mamelouke.

